Jean-Luc ChaverotSe développer à l’export est incontournable. Pour autant, pouvoir s’appuyer à l’étranger sur une compétence spécifique, tout en restant maître de son développement et à moindre coût paraît délicat. La solution peut tenir en trois lettres : V.I.E., pour Volontariat International en Entreprise.
Pour une micro-entreprise, comme pour une plus grosse entreprise, une démarche exportatrice ne peut se faire ponctuellement.
C’est tout une organisation à mettre en place, en parallèle à une approche marketing ciblée et reposant sur des données quantifiées du marché. Il faut également pouvoir confier cette opération à une personne motivée à un coût attractif, eu égard à la prise de risque engagée...
Le Volontariat International en Entreprise (V.I.E.) permet à toute entreprise française, de confier à un jeune homme ou une jeune femme de tout niveau de formation, âgé(e) de 18 à 28 ans, une mission professionnelle à l’étranger pour une durée déterminée, qui peut varier selon les besoins de l’entreprise : étude de marché, prospection commerciale, assistance technique, renforcement d’équipe, etc...
Cette mesure gérée par UBIFRANCE, l’agence française pour le développement international des entreprises dépendant du Secrétariat d’État en charge du Commerce Extérieur, a plusieurs atouts. Elle permet de s’appuyer sur le réseau des Missions économiques rattachées aux Ambassades de France.
Son Centre d’Information sur le Volontariat d’International (CIVI) met à disposition des entreprises un fichier contenant 40 000 candidats, aux profils très variés et ayant une expérience internationale. La formule V.I.E. est souple : chaque mission peut durer entre 6 et 24 mois, comprenant un renouvellement dans cette période. Et géographiquement, un même volontaire peut prospecter ou intervenir sur d’autres pays ou couvrir une zone géographique déterminée.
Il peut également passer jusqu’à 165 jours en France pour se former aux produits et à la culture de l’entreprise.
D’un coût attractif, la formule V.I.E. est une bonne alternative à l’expatriation. Le statut public du volontaire exonère l’entreprise de toutes charges sociales en France, tout en lui apportant un cadre protecteur au niveau de la protection sociale. Le volontaire n’a pas de lien contractuel avec l’entreprise qui lui confie la mission et il est placé sous la tutelle de l’Ambassade de France dans son pays d’affectation.
Il est également possible d’envisager une mission en temps partagé pour un groupe d’entreprise, afin de réduire les coûts. Combien coûte un V.I.E. ? L’entreprise prend en charge l’indemnité mensuelle versée au volontaire, variable selon les pays, de 1 100 à 2 900 euros par mois. Des frais mensuels de gestion et de protection sociale fonction du chiffre d’affaires sont ajoutés, représentant 175 à 375 euros, ainsi que les frais de voyage international et de transport de bagages aller-retour.
Un outil sur le site d’UBIFRANCE permet de simuler en ligne le coût annuel d’un V.I.E. À titre d’exemple, pour une entreprise réalisant moins de 50 millions d’euros de chiffres d’affaires, le coût serait compris entre 18 799 euros pour une mission au Maroc et 35 461 euros pour un poste basé à New York. Ces coûts s’expriment hors dépenses de fonctionnement de la mission du V.I.E. Une assurance prospection COFACE peut intégrer le budget V.I.E. et dans certains cas, des subventions régionales peuvent prendre en charge la moitié du coût de la mesure.
Enfin, le recours à un V.I.E. ouvre droit à un crédit d’impôt export, plafonné à 40 000 euros. Pour faire partir un volontaire, l’entreprise doit demander un agrément, permettant de s’assurer de l’origine du demandeur (entreprise française), de valider la compatibilité de la stratégie de l’entreprise et de sa fiabilité financière pour bénéficier de la mesure. L’agrément est valable pendant 5 ans. Dès que l’entreprise est agréée et le projet validé, une convention est signée entre l’entreprise et UBIFRANCE, précisant les conditions de réalisation de la mission et son coût prévisionnel. Conseillé par UBIFRANCE, l’entreprise doit accompagner le volontaire dans la préparation de la mission et l’organisation pratique : visa, permis de travail, ...